Il y a des destinées fatales. Celui de l’artiste multudisciplinaire, Nadia Chellaoui est l’histoire d’une rencontre entre l’algèbre, la géométrie, les formes et les couleurs. Et quand on sait que le spectre des couleurs est régi par des lois de physiques très pointues, on comprend aisément ce pas franchi par une femme qui ne recule devant rien. Une femme, qui, quand les choses deviennent dures, elle revient à la structure mentale des nombres et de leurs ramifications pour mettre de l’ordre dans sa vie et dans son art. Nadia Chellaoui est aujourd’hui une des figures majeures des arts au Maroc. Mais pas que. Elle a aussi exporté son savoir-faire à l’international. Plusieurs sorties très applaudies, et ce qui nous attend est de toute beauté. Un passage en Espagne, dans le prestigieux musée Elisa Cendredo, une adresse très prisée par les grands peintres ibériques, à Ciudad Real. Une exhibition en Italie. Un happening grandiose à New York, sans parler de Paris où elle a pratiquement fait sa place en tant que grande ambassadrice pour l’une des académies les plus réputées dans le monde :
Divine Académie.
Tout a commencé par un rêve. Celui d’une jeune fille, assoiffée de travail et surtout curieuse et animée par une passion pour la vie. Il faut dire que les parents y sont pour beaucoup. Et là, il faut leur rendre un vibrant hommage, car la relation entre l’artiste adulée aujourd’hui et sa mère et son père a gagné en reconnaissance, en fierté et en amour indéfectible. Le rêve en question prend corps quand Nadia Chellaoui participe aux Olympiades des mathématiques. Elle a 16 ans. Une jeune fille en fleurs. Elle réussit haut la main. De là vient l’amour des chiffres et des nombres. Quand les autres jouaient, Nadia Chellaoui, à la plage, préparait déjà le programme de l’année suivante. Par amour. Par passion. Les maths, c’est une histoire de vie. C’est suivant cette voie qu’elle va faire ses études d’actuariat, en tant que spécialiste en mathématiques et en finances. Le tout agrémenté d’un MBA, décroché avec brio à l’université de Sherbrooke en 1999. Il fallait s’ouvrir à d’autres univers, en dehors des mathématiques. Et elle l’a fait. Et c’est d’ailleurs une constante chez Nadia Chellaoui. Elle ne peut rester sur une seule voie. Il lui faut multiplier les challenges, tenter, risquer, s’aventurer et ça paie toujours. C’est ce goût de l’aventure qui explique qu’elle lance son cabinet d’assurance en 2001 et devient leader dans le conseil en assurance vie au Maroc.
La vie lui réserve d’autres tournants. Quand on croit qu’elle s’est finalement installée, elle entreprend sa carrière d’artiste. Je suis peintre et je veux exposer partout dans le monde. Et elle y arrive. En l’espace d’une décennie, elle a travaillé. Elle a appris. Elle a voyagé. Elle a lu. Elle s’est documentée. Et elle a exposé d’abord au Maroc, puis la sortie hors frontières s’est opérée avec magie. On l’appelle. On la courtise. On veut voir son travail, d’une grande modernité. Tunis, Milan, Paris, Rome, Abidjan, Rio de Janeiro, Dakar, Madrid… et tant d’autres escales artistiques qui ont installé son nom comme une peintre de grande valeur.
Mais ce n’est pas fini. Là, non plus, elle surprend tout le monde et décide de décliner ses peintures en produits de mode. Des sacs portant des noms inspirées de déesses comme un hommage à l’éternité du féminin :
Calips’oh, Iris, Calliope, Her’ah, Vénus, Athén’ah… et la suite promet d’autres divinités tutélaires pour une forme d’expression et de dialogue entre les arts et le mode de la Fashion. Un monde qui séduit la femme et la porte, d’un seul tenant. Là aussi, Nadia Chellaoui décroche les étoiles. Elle s’expose à Cagnes Sur Mer en Côte d’Azur, puis elle voit ses créations faire leur entrée aux magasins Printemps, aux côtés de grandes marques de luxe. C’est le Graal. Le défi est de réaliser un produit cent pour cent marocains aux standards mondiaux. Et c’est la réussite absolue.
Puisque les produits et les accessoires de l’artiste font aujourd’hui le tour du monde. «Ma fierté est de mettre en avant le Maroc, les artisans marocains et le savoir-faire marocain. Nous avons un artisanat plusieurs fois millénaire et j’avais la rage de le montrer aux yeux du monde. Tout en faisant travailler des femmes, dans des villages, dans plusieurs régions du pays, pour valoriser le produit du terroir ». Et ce n’est pas fini, Nadia Chellaoui nous prépare d’autres grandes surprises en visant cette fois le Japon et les pays du Golfe…